L’essentiel à retenir : La stratégie NOSO, encadrée par la loi suisse sur les épidémies, met en place un cadre national pour réduire les infections associées aux soins. Elle définit sept exigences minimales, dont une infirmière spécialisée pour 150 lits, garantissant une expertise opérationnelle. Cette approche structurée entre Confédération, cantons et établissements assure un suivi rigoureux pour une sécurité des patients durable.
Chaque année, des milliers de patients en Suisse contractent des infections associées aux soins (IAS), compromettant leur rétablissement et la sécurité globale du système hospitalier. Le plan national suisse de prévention ias, inscrit dans la Stratégie NOSO depuis 2016 sous l’égide de la loi sur les épidémies (LEp), mobilise Confédération, cantons et acteurs de santé pour une réponse coordonnée. À travers sept exigences structurelles minimales—comme la disponibilité systématique de désinfectants pour les mains ou la mise en place d’équipes dédiées à la prévention—cette stratégie allie cadre légal exigeant et outils opérationnels. Elle vise à instaurer une culture de la sécurité, où chaque acteur contribue à réduire durablement ces infections évitables.
- La stratégie NOSO : un cadre national suisse contre les infections associées aux soins
- Gouvernance et acteurs clés : une collaboration à plusieurs niveaux
- Les 7 exigences structurelles minimales : le cœur opérationnel de la prévention
- Surveillance et mesure de la performance : des outils pour l’amélioration continue
- Un engagement collectif pour la sécurité des patients en Suisse
La stratégie NOSO : un cadre national suisse contre les infections associées aux soins
Contexte et définition des IAS en Suisse
Les infections associées aux soins (IAS) constituent un enjeu majeur de santé publique en Suisse. Elles surviennent principalement dans les hôpitaux et établissements médico-sociaux (EMS). Selon les données officielles, ces infections touchent des milliers de patients annuellement, augmentant morbidité et coûts sanitaires.
Les infections associées aux soins (IAS) désignent des infections contractées durant des interventions médicales, distinctes des pathologies initiales. La Suisse a adopté une approche structurée via la stratégie NOSO pour répondre à ce défi.

La stratégie NOSO : fondement légal et objectifs
La Stratégie nationale de surveillance, de prévention et de lutte contre les IAS (NOSO) repose sur la loi fédérale sur les épidémies (LEp), en vigueur depuis le 1er janvier 2016. Cette législation lie la Confédération et les cantons à coopérer pour réduire les IAS.
Son objectif prioritaire est de réduire durablement l’incidence des infections dans les établissements de santé. Elle fixe des exigences minimales pour les hôpitaux et EMS, alignées sur les recommandations de Swissnoso et les référentiels de l’OMS.
Le rôle central de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP)
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) supervise la mise en œuvre de la stratégie NOSO. En tant qu’autorité fédérale compétente, il coordonne les actions avec les cantons et Swissnoso, l’organisme national référent en prévention des infections.
« La loi fédérale sur les épidémies charge la Confédération, en collaboration avec les cantons, d’élaborer une stratégie nationale visant à réduire durablement le nombre d’infections associées aux soins. »
L’OFSP définit les orientations, valide les outils opérationnels et assure le suivi des indicateurs clés en assurant une application cohérente des mesures à l’échelle nationale.
Gouvernance et acteurs clés : une collaboration à plusieurs niveaux
Une responsabilité partagée entre Confédération et cantons
La prévention des infections associées aux soins repose sur un modèle de gouvernance partagée. La Confédération, via l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), fixe le cadre stratégique national. Les cantons assurent l’application des mesures dans les établissements de leur territoire.
Une coordination étroite entre ces niveaux garantit l’harmonisation des pratiques. Cette approche multi-niveaux permet d’adapter les recommandations nationales aux spécificités locales tout en maintenant des standards élevés. La collaboration entre les différents acteurs constitue un pilier essentiel de cette stratégie.
Le rôle d’expert de Swissnoso
Swissnoso agit en tant qu’organisation experte mandatée pour développer des outils et standards techniques. Elle collabore avec l’OFSP pour définir les exigences minimales, particulièrement pour les hôpitaux de soins aigus.
- La Confédération (via l’OFSP) : Élabore la stratégie nationale et supervise sa mise en œuvre.
- Les cantons : Assurent l’application des mesures dans les hôpitaux et EMS de leur territoire.
- Swissnoso : Centre national d’expertise pour la prévention des infections, développe les directives et standards techniques.
- Les établissements de santé (hôpitaux, EMS) : Appliquent les mesures de prévention au quotidien auprès des patients.
Cette structure tripartite assure une cohérence nationale tout en permettant une adaptation locale adaptée aux spécificités régionales. La combinaison de l’expertise technique de Swissnoso, du cadre réglementaire fédéral et de l’application cantonale crée un système robuste pour réduire les IAS dans le système de santé suisse.
Les 7 exigences structurelles minimales : le cœur opérationnel de la prévention
Un standard national pour les hôpitaux de soins aigus
Pour répondre à l’objectif de réduction des infections associées aux soins (IAS) en Suisse, Swissnoso et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ont établi des exigences structurelles minimales. Ces normes, intégrées à la stratégie nationale NOSO, visent à garantir un niveau de prévention homogène dans les hôpitaux de soins aigus. Elles reposent sur sept éléments interdépendants, conçus pour renforcer la sécurité des patients et la qualité des soins. En imposant ces standards, les autorités suisses souhaitent créer un cadre contraignant mais réaliste, adapté aux spécificités des établissements tout en assurant une équité dans la lutte contre les risques infectieux.
Synthèse des 7 éléments clés de la stratégie NOSO
| Élément Clé | Objectif Principal | Exemple de Mesure Concrète |
|---|---|---|
| 1. Directives et instructions | Standardiser les pratiques de prévention basées sur des preuves. | Mise à disposition de protocoles pour l’hygiène des mains ou le dépistage des BMR. |
| 2. Matériel et équipements | Garantir l’accès permanent au matériel de protection et d’hygiène. | Un distributeur de solution hydro-alcoolique par lit de soins actifs. |
| 3. Organisation et personnel | Dédier des ressources humaines et structurelles à la prévention. | Présence d’une équipe PCI avec une infirmière spécialiste pour 150 lits. |
| 4. Formation | Assurer la compétence de tous les professionnels de santé. | Formation obligatoire à l’embauche sur les mesures de précaution standard. |
| 5. Audits et monitoring | Évaluer la conformité des pratiques sur le terrain. | Réalisation d’au moins un audit interne PCI ciblé par an. |
| 6. Surveillance et épidémies | Détecter et analyser les IAS pour orienter les actions. | Surveillance des infections du site opératoire et des bactéries multi-résistantes. |
| 7. Interventions | Mettre en œuvre des programmes ciblés de prévention. | Déploiement d’un module national pour la prévention des infections chirurgicales. |
Focus sur l’organisation et la dotation en personnel
La dotation en personnel qualifié représente un pilier critique. Chaque hôpital doit mettre en place une commission d’hygiène multidisciplinaire, soutenue par la direction. Cette structure doit inclure une équipe dédiée à la prévention des infections, avec une infirmière spécialiste PCI (équivalent plein temps) pour 150 lits. Ce ratio, basé sur une logique de charge de travail, garantit une expertise suffisante pour des actions opérationnelles. Les coûts associés à ce dispositif, estimés à 700 CHF par lit et par an pour les infirmières spécialisées, illustrent l’investissement nécessaire pour respecter ces normes.
Chaque hôpital doit disposer d’une équipe dédiée à la prévention des infections, avec des ressources suffisantes pour garantir l’application et le suivi des mesures au quotidien.
Les établissements de petite taille peuvent contractualiser ces prestations. Par ailleurs, l’accès à un médecin spécialiste en infectiologie formé en PCI est requis, soulignant l’importance d’une expertise médicale associée à une gestion administrative efficace. Les coûts annuels pour ces activités, pouvant atteindre 150 CHF par lit pour les médecins spécialistes, rappellent que la prévention des IAS représente un investissement structurel incontournable pour la sécurité sanitaire.
Surveillance et mesure de la performance : des outils pour l’amélioration continue
Le rôle crucial du monitoring et des audits
Le plan national suisse inclut un suivi strict pour garantir l’efficacité de ses mesures. Les audits internes annuels évaluent l’application des directives préventives, tandis que le monitoring de l’hygiène des mains sert d’indicateur clé. Ces pratiques, encadrées par Swissnoso et l’OFSP, assurent des protocoles optimisés. En 2023, l’adhérence à l’hygiène des mains atteignait 80 %, soulignant l’impact des campagnes de sensibilisation. L’hygiène des mains reste central, avec des audits ciblés pour identifier les améliorations.
La surveillance épidémiologique pour guider l’action
La collecte et l’analyse des données sur les infections guident la stratégie NOSO. Les hôpitaux surveillent les infections du site opératoire (ISO) et les bactéries multi-résistantes (BMR), en collaboration avec les laboratoires de microbiologie. Ces indicateurs, transmis aux directions et commissions, orientent les décisions. En 2023, la prévalence des IAS stagnait à 6 %, justifiant un suivi actif. Les rapports annuels de Swissnoso, intégrant des données ISO/BMR, permettent d’ajuster les actions.
Indicateurs de processus et de résultats
Deux types d’indicateurs mesurent l’efficacité du plan :
- Indicateurs de processus : Suivent l’application des mesures (ex: taux d’observance de l’hygiène des mains, conformité aux protocoles).
- Indicateurs de résultats : Mesurent l’impact sur les patients (ex: taux d’infections du site opératoire, prévalence des BMR).
- Rapports annuels : Synthétisent audits et surveillance pour vérifier les objectifs.
Structurés selon le modèle Donabedian (Structure-Processus-Résultat), ces outils renforcent l’approche data-driven. Malgré des progrès, l’observance des mesures de prévention stagne à 70 % pour les ISO, exigeant des actions ciblées.
Un engagement collectif pour la sécurité des patients en Suisse
La prévention des IAS : un maillon de la politique de santé publique
Le plan national suisse de prévention des infections associées aux soins (IAS) s’intègre dans un cadre plus large de sécurité sanitaire. Il s’articule en synergie avec la Stratégie Antibiorésistance Suisse (StAR), pilotée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). En réduisant les infections nosocomiales, NOSO diminue l’usage des antibiotiques, soutenant ainsi l’objectif de StAR : préserver leur efficacité face à l’antibiorésistance. Une coordination renforcée permet aussi de limiter la propagation des bactéries multi-résistantes, défi majeur pour la santé publique.
Vers une culture de la sécurité durable
Le plan NOSO vise à ancrer une culture de sécurité dans les établissements de santé, reposant sur trois piliers :
- Approche structurée : Cadre clair et outils concrets de la stratégie NOSO.
- Responsabilité partagée : Collaboration entre tous les acteurs du système de santé.
- Objectif commun : Améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients.
Chaque professionnel, de l’infirmière au cadre hospitalier, contribue à cette évolution en appliquant des pratiques rigoureuses (hygiène des mains, gestion des déchets). Cette mobilisation garantit la protection immédiate des patients et renforce la résilience du système face aux défis futurs.
La stratégie NOSO incarne une réponse structurée et coordonnée pour réduire les IAS en Suisse. Grâce à une gouvernance partagéeée, des exigences clés et un suivi rigoureux, elle renforce la sécurité des patients. L’engagement de tous—autorités, établissements et professionnels de santé—est essentiel pour pérenniser cette culture de prévention, alignée sur les objectifs nationaux de santé publique.
FAQ
Quel est l’objectif principal du plan national suisse de prévention des IAS ?
Le plan national suisse de prévention des infections associées aux soins (IAS) vise à réduire de manière significative le nombre d’infections contractées dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux (EMS) suisses. Il repose sur une approche méthodique et coordonnée entre les acteurs du système de santé, en s’appuyant sur des exigences structurelles minimales et des indicateurs de suivi. L’objectif global est d’assurer une amélioration continue de la qualité des soins et de la sécurité des patients, tout en prévenant la propagation d’agents pathogènes dangereux.
Quel cadre juridique encadre la stratégie NOSO ?
La stratégie NOSO s’inscrit dans le cadre de la loi fédérale sur les épidémies (LEp), entrée en vigueur en 2016. Cette législation confie à la Confédération, en collaboration avec les cantons, la responsabilité d’élaborer une stratégie nationale pour réduire les IAS. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en est l’autorité fédérale chargée de la mise en œuvre, garantissant un cadre précis et une coordination harmonisée entre les différents niveaux institutionnels.
Comment la stratégie NOSO est-elle concrètement appliquée ?
La mise en œuvre de la stratégie NOSO repose sur une collaboration étroite entre plusieurs acteurs :
- La Confédération (OFSP) : Fixe les orientations stratégiques et supervise les actions nationales.
- Les cantons : Assurent l’application des mesures dans les établissements de leur territoire.
- Swissnoso : Centre d’expertise mandaté pour élaborer les directives techniques et les standards opérationnels.
- Les établissements de santé : Appliquent quotidiennement les précautions de prévention, notamment via des équipes dédiées et un personnel formé.
Cette approche partagée garantit une cohérence nationale tout en adaptant les actions aux spécificités locales.
Quels sont les sept éléments clés de la stratégie NOSO ?
Les sept exigences structurelles minimales définies par Swissnoso constituent le cœur opérationnel du plan. Elles incluent :
- Directives et instructions : Protocoles basés sur des données probantes (ex. hygiène des mains, dépistage des BMR).
- Matériel et équipements : Accès garanti à des dispositifs de protection et de désinfection.
- Organisation et personnel : Une infirmière spécialisée pour 150 lits et une commission multidisciplinaire.
- Formation : Formation obligatoire à l’embauche et régulière sur les mesures de précaution.
- Audits et monitoring : Audits annuels et suivi de l’observance des pratiques (ex. hygiène des mains).
- Surveillance épidémiologique : Analyse des infections du site opératoire et des BMR pour des interventions ciblées.
- Interventions : Déploiement de modules nationaux ou cantonaux pour des actions préventives spécifiques.
Ces éléments assurent une prévention systématique et adaptée dans les hôpitaux.
Comment l’efficacité du plan est-elle mesurée ?
Le suivi de la stratégie NOSO repose sur un système d’évaluation rigoureux. Les établissements doivent réaliser des audits internes annuels et un monitoring régulier des pratiques, comme le taux d’observance de l’hygiène des mains (indicateur de processus). Simultanément, des indicateurs de résultats, tels que la prévalence des infections du site opératoire ou des bactéries multi-résistantes, sont analysés. Ces données alimentent des rapports annuels permettant d’évaluer les progrès et d’ajuster les actions. Cette méthode fondée sur les données garantit une amélioration continue et une transparence dans la lutte contre les IAS.